|
«Je savais quand ça la reprenait ce cafard des architectures, c’était surtout à la campagne… Et au moment des ascensions… quand il allait passer la jambe pour escalader la nacelle… Il lui revenait un coup de souvenirs… C’était peut-être aussi en même temps un petit peu la frousse qui le faisait causer… Il regardait au loin le paysage… Comme ça dans la grande banlieue, surtout devant les lotissements, les cabanes, les gourbis en planches! Il s’attendrissait… Il lui passait une émotion…» Commentaire d’Oriane (crayon de papier noir) : je ne connais personnellement que très peu ces lieux que, pour l’essentiel, je n’ai vu qu’à la télévision… ou dans divers films… Je crois, en fait, que tout lieu où nous avons vécu notre enfance, que ce soit un château avec un parc magnifique, un village perdu sur un causse désert, une ferme normande, une ville syrienne… produit la même émotion. La beauté d’un paysage — plus exactement sa charge émotionnelle — est une construction du souvenir plus qu’un équilibre des lignes. L’émotion vient de cet éternel regret de l’enfance bien plus que du lieu lui-même.
|